Les prémisses
Quelques jours avant le week-end ponté-prolongé de l’Ascension, je reçois des messages me demandant : “Y a 100 m de corde au local ??”, “Y a quoi comme cordes ?¿”. Pas facile d’avoir un bon suivi, mais j’ai bien souvenir d’un tas de cordes sales ressorties de la Pleine-Lune au local, et de quelques pauvres 20 m qui se cachent, mais pas assez pour tout le monde. Dans mon suivi du matériel j’ai cependant quelques personnes qui gardent plus de 100 m au cas où, et une belle ribambelle de gouffres équipés. Il y a souvent plusieurs équipes motivées pour se lancer dans des équipements de gouffres, pour visiter et/ou pour retenter une pointe, et pour cela il n’y a souvent pas assez de matériel stocké au local. C’est le signe qu’il faut déséquipé !
L’idée est lancée et un des candidats est le Gouffre de la Relève, exploré en 2020 et recevant maintenant peu de visites. Une équipe composée de 60% du comité (Jules, Oriane et moi-même) est formée. L’objectif est de prendre des photos de ce beau gouffre et de le déséquiper. Stéphanie se joint à nous ce qui permettra de continuer son apprentissage des techniques verticales.
La sortie
Le jour prévu est arrivé et on se met “d’accord” sur un programme revisité (Problème de synchronisation du lieu de rendez-vous, matériel photo non-présent, lenteur au départ) et des adaptations logistiques (rappel à moi-même : ne pas oublier de prendre des kits pour le déséquipement).
Après quelques puits séparation des équipes, Oriane ne se sent pas dans son assiette et remontera tranquillement en assistant Stéphanie. Pendant ce temps Jules et moi filerons au fond pour commencer le déséquipement.
Je re-découvre l’Epuistouflant, P38 de belles dimensions et à la belle géologie, puis découvre les 60 m de puits explorés jusqu’au fond. La roche est belle et offre de belles géométrie avec un pendange important mais sans pour autant être instable (comme aux Papiboums par exemple). Arrivés en bas nous tentons de regarder à travers les quelques lames coincées. Contrairement à ce que j’imaginais, ces lames ne sont pas si menaçantes, mais la suite est trop serrée pour moi. Il semble quand même qu’un élargissement bien placé permettrait de se faufiler plus bas et, espérons, trouver un plus grand volume.
Jules et moi commençons le déséquipement. Je tasse bien le kit et heureusement on a beaucoup équipé en 9 mm sinon ça ne rentrerait pas ! Arrivé en haut de l’Epuistouflant, j’offre le kit bourré à ras-bord à Jules qui a la lourde tâche de le monter à la surface, pendant que je continue à déséquiper. On arrive bientôt à la surface avec deux kits craquants de cordes sales.
La suite consiste en une balade au Mont Sâla pour profiter de la vue puis d’un soirée tranquille à la cabane des électriciens.
La fin
Le lendemain nous poussons les cordes à l’eau et je profite de mesurer les longueurs pour établir une fiche d’équipement. On observe la dégradation bien connue des mousquetons alu laissés trop longtemps sur des plaquettes en inox.
Conclusion
Le gouffre est déséquipé, le matériel est retourné propre au local et nous avons maintenant une fiche d’équipement. Le gouffre a peut-être encore du potentiel et il ne faudra pas hésiter à y retourner dans les prochaines années.